Analyses

ALG: Saga Africa, attention les secousses ! (Lafordasse)

On ne voudrait pas être ici des oiseaux de mauvais augure, mais l’heure est à une inquiétude depuis la dernière Assemblée Générale Élective de la FAF et de l’intronisation de Charaf-Eddine Amara à la tête de la plus haute instance du football national. La raison, c’est bien évidemment cette histoire de la FIFA et le risque de sanction qui plane toujours sur notre football, surtout si l’on se réfère à ce qui se passe ces derniers jours sur le continent. Les récentes escalades de la FIFA contre les fédérations du Tchad, du Cameroun et de la Guinée, après celles d’Égypte et de Côte d’Ivoire, toutes deux, gérées par un Comité de normalisation, ont interpellé plus d’un sur ce qu’adviendra du dossier Algérie. Ces derniers jours, l’instance du football international a fait une sorte de marquage à la culotte à la FAF pour avoir toutes les données concernant le déroulement de l’Assemblée Générale Ordinaire, puis celle élective, sachant au passage que la fédération a fait fi de la feuille de route exigée avec, à savoir, la tenue de l’Assemblée Générale Extraordinaire
pour l’amendement des statuts avant l’AGO et l’AGE.

L’heure est à l’assemblage de toutes les pièces et données sur ces processus qui ne sentent pas vraiment la bonne gouvernance et le respect des règles et statuts. Le nouveau président de la FAF a beau rassurer les journalistes qui l’ont approché à la fin de l’AGE, mais sans pour autant donner la certitude, voire la garantie que le processus ne sera pas invalidé. Il se contentera de plaider la bonne foi de la FAF, les contacts réguliers entretenus entre la FAF et la FIFA et ceux avec le MJS où les statuts font toujours l’objet d’étude et d’examen. Sauf que cette approche a ses faiblesses : d’abord, le processus de révision des statuts a été finalisé, en juin 2020, et transmis à la tutelle qui a préféré le mettre dans un tiroir pour le retirer quelques jours seulement avant la tenue de l’AGO
et l’AGE pour faire acte de bonne foi, alors que pendant plus de dix mois, le MJS a fait la sourde oreille, imposant sa propre feuille de route allant jusqu’à l’ingérence, en obligeant la FAF d’empiéter sur ses propres statuts, comme organiser l’AGE dix jours seulement après l’AGO et surtout permettre au candidat unique des pouvoirs publics de passer à travers une lecture ‘’très spéciale’’ des textes.

Selon des observateurs bien avisés, la FIFA s’est trop engagée pour ronger son frein aussi facilement, juste parce que le nouveau président élu a exprimé sa bonne foi, au moment où d’autres fédérations, notamment africaines, sont bien secouées. Le continent est vraiment à la traîne de ce qui se fait en matière de gouvernance par rapport à d’autres continents, d’où d’ailleurs l’interventionnisme de la FIFA pour (re)mettre de l’ordre au sein d’une CAF en pleine déliquescence sous le règne d’Ahmad Ahmad et les fameux accords de Rabat pour permettre une sélection plus douce (trois candidats d’une même zone était en course, avec les Senghor, Anouma et Yahia). De plus, en tournant le dos à la visite du président de la FIFA, Gianni Infantino, en février dernier, à cause de certains cercles qui ont cru bien jouer la fausse carte de la souveraineté nationale, au détriment des intérêts majeurs du football algérien, la fédération a été mise dans l’oeil du cyclone.

Les prochains jours s’annoncent, donc, décisifs d’autant que les indices ne font pas des preuves. La FIFA ne déroge pas à ses règles protocolaires. Et puis, faut-il rappeler à quelques « excités » l’épisode avec comme ministre Mouldi Aissaoui ? Il ne faut pas vendre, dit-on, la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Patience donc et croisant les doigts.

LAFORDASSE

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