Analyses

La balkanisation de la FAF est en marche ! (Nazim Bessol)

Charaf-Eddine Amara a réussi la prouesse de mécontenter tout le monde et à tous les niveaux. Malgré un semblant de solidarité de façade, l’instance de Dely Ibrahim ressemble aujourd’hui à un terrain miné, où tous les coups sont permis et tout le monde est aux aguets, prêt à dégainer au moindre faux geste de la partie d’en face. Du simple agent de la fédération aux membres du Bureau fédéral qui feignent une sérénité retrouvée après le triste épisode du boycott de la réunion du mois de septembre dernier, rares sont les personnes qui croient en un éventuel redressement de la situation. Toutes, sans exception aucune, y compris ceux qui sont invités régulièrement à la table du président, parient en off sur un départ précipité de celui qui a succédé à Kheïreddine Zetchi.

Elles estiment qu’en sept mois, le locataire de Dely Brahim n’est pas parvenu à rassembler autour de sa personne et de son programme, si programme il y a. La gestion par le compromis, annoncée par Botola, il y a plusieurs mois, est devenue la règle. Ainsi, à force de vouloir contenter une partie au détriment de l’autre, Charaf-Eddine Amara prend des mesurettes qui finissent par mécontenter le plus grand nombre. Très mal conseillé par son cabinet noir, il avance à tâtons. Le dernier épisode de la LIRF et l’éviction de son président, Youcef Benmedjbar, avant de le réhabiliter dans sa fonction de président par délégation, à la veille de l’Assemblée générale extraordinaire, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Toutefois, le plus grave est certainement la balkanisation de l’instance qu’il préside. L’administration joue contre les élus. Ces derniers, eux-mêmes divisés en plusieurs factions, se rassemblent autour d’une seule chose : le maintien du statu quo. Arrive ensuite le rôle de la Commission mixte MJS-FAF, devenue un véritable centre de décision et de proposition au point de faire de l’ombre à l’organe exécutif de la FAF et de la Direction technique nationale qui est complètement marginalisée. A l’intérieur même des Commissions, les membres jouent au chat et à la souris et minent le fromage des autres. L’épisode de Yacine Zerguini, qui s’en était violemment pris au Dr Damerdji, n’est qu’une esquisse de ce qui se passe à Dely Ibrahim.

Enfin, et sans doute le plus gros morceau et le plus sensible aussi concerne le Onze national. Une formule 1, qu’il ne faut surtout pas perturber, mais sur laquelle déteint forcement tout ce qui se passe à la FAF. Ce qui explique certainement pourquoi Sidi Moussa s’est transformé en une sorte d’entité en autogestion avec le manager général, Amine Labdi, en courroie de transmission entre le sélectionneur national, Djamel Belmadi, et Charaf-Eddine Amara. Les deux hommes, obligés de cohabiter, entretiennent une relation très distante, ce qui fait dire à beaucoup que c’est Amine Labdi qui décide de tout, alors qu’il n’est que l’intermédiaire entre un sélectionneur déterminé à atteindre son objectif et un président qui n’a pas su être à la hauteur de son coach.

Incapable d’affronter le sélectionneur pour une saine discussion, le président de la FAF a mandaté des personnes extérieures pour tenter de recoller les morceaux, pire pour évoquer la question de la prolongation du contrat ! Entre temps, on continue un peu partout à faire comme si de rien n’était et d’avancer avec des oeillères. A la question de Botola à un des membres pourquoi continuer dans de telles conditions, ce dernier a répondu sans hésitation aucune «si on fait tomber le président, on part avec lui ! », une réponse qui explique sans doute tout !

NAZIM BESSOL

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