Portraits

Le Gentleman de la Liberté

Arribi Mokhtar

Il est au crépuscule de sa carrière de footballeur et entame celle d’entraineur avec le club d’Avignon (France) lorsque le devoir l’appelle à Tunis en 1958 pour encadrer l’équipe de la liberté. Mais à 34 ans, Mokhtar possède encore de beaux restes et le voila au milieu du terrain conduisant comme à son habitude avec beaucoup de talent les Mekhloufi, Brahim et autres Mazouz dit « Mazouza ».Militant de la première heure, il débute en 1942 à l’USM Sétif, puis passe au Mouloudia d’Alger, un des clubs phare musulmans du pays. Réputée pour avoir dans ces rangs le premier international français d’origine algerienne, le chélifien Ali Benouna, au début des années 30. Vainqueur de la coupe de France en 1934 avec Sète. C’est lui d’ailleurs qui le met en confiance et lui conseille de « prendre le bateau » avec les recommandations pour les dirigeants Sétois. « Je n’oublierai jamais le geste de Ali Benouna. Il m a pris un soir autour d’un thé et il m’a dit : tu perds ton temps ici. Vas voir ce qui se passe de l’autre coté de la mer », nous confie-t- il, Arribi, en parlant de ses souvenirs un jour du coté de l’hôtel Alleti d’Alger. D’une conscience professionnelle sans égale, Moktar Arribi dit « Zinzin » a comme coéquipier  Haddad Saïd dit « Spagnoli », l’autre Mouloudéen  qu’il croisera plus tard dans d’autres circonstances. Durant dix ans, il s’installe dans ce port d’asile pour les footballeurs algériens et au fil des années, il séduit les supporters des Verts et Blanc qui  sont charmés par ce milieu de terrain, généreux dans l’effort, à la technique fouillée et à l’abatage impressionnant. Ses qualités lui permettent d’être sélectionné dans l’équipe d’Afrique du Nord contre la France à Colombes (3-2) aux cotés des Bentifour, Ben Barek, Mahjoub, Boubekeur … En 1956, le Racing Lens le recrute pour deux saisons. Mais il joue sur un autre registre bien plus noble : il est l’un des responsables politiques du front de libération nationale du nord de la France. De retour au pays après la parenthèse tunisienne où il a entrainé Sfax, il est à la tête de la direction technique de l’entente de Sétif qu’il conduit aux sommets avec la première coupe d’Algérie de1963 puis celle de 1964. Il récidive, quatre années plus tard, en réalisant un doublé coupe- championnat  et en 1980, une autre coupe d’Algérie . En 1988, il ramène le premier  trophée Africain  à Ain El Fouara.  Mokhtar Arribi, un gentleman, un vrai !

ABL

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