Portraits

Le subtil buteur

Djamel MENAD

Il est annoncé un peu partout pour diriger des clubs huppés. Quoi de plus normal. L’ex-canonnier des Verts possède une solide expérience et a déjà fait ses classes comme technicien.  

Il entame sa carrière au Chabab de Belouizdad (ex-Belcourt) avant de rejoindre le sélectionneur national Mahiedine Khalef à la Jeunesse de Kabylie. En 1980, à 19 ans, il fait son entrée en équipe nationale à Freetown contre la Sierra Leone (2-2) et inscrit le premier but d’une longue série. «Il était un parfait remiseur, très technique et très collectif. Il avait un sens inné du contre pied et pouvait jouer facilement en dix ou en huit», nous confie son ex-coéquipier chez les Verts, Salah Assad. Trois années plus tard, il dispute dix-sept matches sur les dix-huit programmés de l’équipe nationale. Il marque huit buts et termine à la première place du classement. Djamel est sur orbite et les défenseurs apprennent à le respecter, tout en lui réservant un «menu» spécial aux abords des vingt mètres où il se montre très efficace. On le retrouve sur tous les fronts : équipe nationale, équipe nationale militaire et Jeunesse de Kabylie. Il remplace aux avant-postes, le fils de Hammam Bouhadjar, Bensaoula Tedj, parti au Havre juste après le Mondial. Il s’impose définitivement en Côte d’Ivoire au cours de la XVIe édition de la Coupe d’Afrique où il est désigné comme le meilleur avant-centre du tournoi et, cerise sur le gâteau, les Ivoiriens le comparent à Laurent Pokou, l’icône du pays et meilleur buteur de tous les temps de la compétition continentale, avant d’être destitué par le Camerounais Samuel Eto’o.

L’admiration de Laurent Pokou

«Il est vraiment génial votre Menad. Il va prendre du galon et va faire souffrir les défenses parce qu’il possède les qualités d’un goleador. Un tueur tout en finesse», confie avec beaucoup d’admiration, Laurent Pokou, à quelques confrères à Abidjan. Cette CAN lui permet de se faire connaître au niveau  continental et les recruteurs ne manquent pas, plus particulièrement Bordeaux et Marseille. Mais, il ne pouvait répondre aux sollicitations. Sur sa lancée, il est sacré footballeur de l’année en 1985 et dispute le Mondial 1986 au Mexique. Doté de qualités physiques appréciables, d’un sens aigu du but, d’une puissance de frappe des deux pieds, des clubs professionnels étrangers s’intéressent à lui. Il opte finalement pour Nîmes (Division Deux), après avoir perdu quelques années, et gagne en maturité et en expérience. Au fil des ans, il affine ses qualités de buteur et réalise des chefs-d’œuvre de subtilité et d’audace. Avec une trentaine d’essais, il figure dans le «Top 10» des canonniers «Verts», en compagnie des Belloumi Lakhdar, Lalmas Ahcène, Madjer Rabah, Abdelhafid Tasfaout … Après un bref séjour au Portugal, il revient à la Jeunesse de Kabylie comme entraîneur-joueur pour tenter d’ajouter d’autres titres à ceux déjà gagnés (2 fois champion d’Algérie en 1983 et en 1985). Sans résultat. En 2001, il passe comme entraîneur au club rival : la Jeunesse de Béjaïa, un nouveau promu parmi l’élite. Il quitte le pays pour l’Arabie Séoudite (Al Wahda) puis au MC. Alger. Mais, à la suite des incidents qui ont marqué la finale de la Coupe d’Algérie contre L’USM. Alger, il écope d’une lourde suspension. Des voix s’élèvent, parmi ses anciens coéquipiers de l’équipe nationale qui louent son sérieux, pour demander un allégement. Aujourd’hui, l’ex-canonnier, avec toute la sagesse qu’on lui connaît, étudie les propositions et ne veut pas s’engager pour le court terme. On le verra certainement sur le banc, lors du prochain mercato.

–  AB. LAHOUARI

 

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