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Nazim Bessol passe au peigne fin le quatuor pour la CAF

Nazim Bessol, Directeur fondateur du bihebdomadaire algérien Botola et du site web footafrique.com, auteur de plusieurs ouvrages sur le football algérien, a dans un entretien accordé au journaliste Damien Tolomissi du site Béninois Gaskiyani-Info, analysé les forces et faiblesses des quatre candidats à la présidence de la CAF. Le Sud Africain, Patrice Motsepe, le président de la Fédération Sénégalaise et membre du comité exécutif de la CAF, Augustin Senghor, l’ancien président de la Fédération Ivoirienne, Jacques Anouma et enfin Ahmed Yahya, président de la Fédération Mauritanienne.

AHMED YAHIA 

“Je pense sincèrement que c’est la candidature la plus faible. Même si on annonce qu’il bénéficie du soutien de la FIFA. Mais au delà de tout Ahmed Yahya présente un bilan positif en Mauritanie. Le couac, à l’échelle continentale, je dirai qu’il est presque seul surtout qu’il s’est mis à dos ses collègues du Comité exécutif de la Confédération Africaine de Football. Il est évident que malgré tout le bruit qu’on fait autour de lui, de ses réalisations, de sa proximité supposée avec le président de la FIFA, Gianni Infantino, il aura du mal à faire le poids.

Il faut rappeler qu’il n’a pas été élu au comité exécutif de la CAF, il n’a donc ni l’expérience, ni le soutien supposé qui aurait pu lui servir en 2021 s’il avait été élu en 2017. Sans être dans l’exclusion, l’autre handicap est le souhait des acteurs majeurs d’avoir à la tête de la CAF un président qui soit d’un grand pays de football traditionnel (ndr :Nigeria, Cameroun, Sénégal, Egypte, Cote d’Ivoire…).Vous êtes d’accord avec moi que la Mauritanie ne joue pas encore dans cette division.(sourire).”

JACQUES ANOUMA   

“Il est un vieux routier du football africain qui connaît parfaitement les rouages. Et pour cause, il a été aux affaires jusqu’à menacer le trône de Issa Hayatou. Faut-il le souligner, la CAF a dû recourir à un subterfuge pour l’écarter de la course et exiger que les candidats à la présidence soient membre du Comité exécutif ce qui n’était pas le cas pour lui à l’époque. Malheureusement pour nous en tant qu’Algérien, cet amendement a été soutenu par l’ancien président de la Fédération Algérienne de Football, Mohamed Raouraoua.

Ce qui est évident, il a un profil très intéressant. Il incarne cette figure de changement ou de rupture qui a de l’expérience mais en même temps il a été un peu trop longtemps à l’écart des problèmes du football africain depuis quelques années même s’il garde un pied à la FIFA. Ce qui reste à savoir, comme il n’est plus au pouvoir, comment il va procéder pour faire l’unanimité autour de sa candidature, vu que la zone UFOA présente à elle seule trois candidats. Car si les trois candidats se maintiennent, le risque que les voix soient complètement dispersées et qu’ils affaiblissent l’ensemble des candidatures n’est plus à démontrer.”

AUGUSTIN SENGHOR  ( SENEGAL) 

“C’est une candidature qui selon moi, ne souffre que du soutien et de la loyauté à Ahmad Ahmad. Un président connu pour ses positions et valeurs, pour son franc parler. On se rappelle qu’en 2017, c’est le président qui est resté fidèle à Issa Hayatou et qui l’a accompagné à la fin du scrutin. Mais le revers de la médaille, c’est qu’il partage le bilan catastrophique de Ahmad Ahmad. Ce qui veut dire qu’il a une part de responsabilité dans le bilan tant décrié même si aujourd’hui on avance les points positifs des réalisations. Car les 4 ans de Ahmad Ahmad à la tête de la CAF ont complètement sabordé ne serait-ce que l’image de la CAF. Autre chose qui pourrait être un point faible de la candidature de l’avocat sénégalais, le recours de Ahmad Ahmad au TAS. Si Ahmad obtient une suspension de sa peine jusqu’à épuisement des voies de recours et donc la possibilité de revenir dans la danse, que fera maitre Senghor ?”

PATRICE MOTSEPE ( AFRIQUE DU SUD ) 

“Personne ne le voyait venir mais il est le président d’un des plus grands clubs d’Afrique du Sud pour lequel on met plus en avant ses réalisations financières dans le business que son expérience dans le football. C’est d’ailleurs cette expérience qui risque de lui manquer mais il est important de savoir qu’ en 2017, la COSAFA s’est affirmée en portant la candidature de Ahmad Ahmad au devant de la scène. Raison pour laquelle, elle est à prendre encore très au sérieux, vu qu’elle a décidé de faire bloc derrière Motsepe.

Cette association pourra hisser son candidat à la tête de la CAF. Mieux, ce candidat a non seulement une puissance financière mais aussi à des liens familiaux avec le président de la république sud-africaine. Il est donc clair que la diplomatie sud-africaine sera mis à contribution. Pour finir dans la diplomatie du football, Motsepe a été remarqué à plusieurs occasions en compagnie de Gianni Infantino avec à la clé plusieurs voyages effectués ensemble par les deux hommes.

Autant de points qui peuvent faire que Motsepe puisse au final rafler la mise surtout que depuis la création de la CAF, les Anglophones n’ont pas eu à prendre les destinées en main. D’aucuns parleraient de Tessema mais l’éthiopien issu certes d’une zone anglophone ne l’est pas. Ce serait un retour à la normale des choses qu’en 60 ans d’existence un Anglophone puisse diriger la CAF. Toutefois nous parlons d’élections et de ce fait le jeu reste ouvert.”

ABL

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