Lois du jeux

ALG : Charaf-Eddine, l’homme du compromis ? (Nazim Bessol)

Après avoir bien soupé, les représentants des clubs de première division sont repartis avec le sourire et la promesse d’un gros chèque, pour les fête de l’Aid. Invités par le président de la fédération algérienne de football (FAF), Charaf-Eddine Amara, à rompre le jeûne à l’hôtel Sheraton Club des Pins, jeudi soir, ils ont réussi à lui soutirer une avance sur les droits-télé, toujours bloqués au niveau de l’EPTV. Mieux, ils ont même eu le droit de qualifier les nouvelles recrues, sans solder leurs dettes au niveau de la Chambre National de Résolution des Litiges (CNRL). Ainsi, chaque président ou représentant de club a pu, entre le ftour et le shor, réfléchir à la dépense des 2 milliards de centimes que la FAF va lui verser.

Une démarche saluée et applaudie par l’ensemble des présents, mais qui cache mal son efficacité et surtout le message qu’elle comporte en trame de fond. En off, tout n’est pourtant pas si rose, les dents commencent déjà à grincer « Quel signal nous donnons ? » s’interroge un membre du Bureau Fédéral. Si la rigueur avec l’instauration d’un plafond pour les dettes au niveau de la CNRL, la mise en branle de la DCGF, la licence de club professionnel… semblait être le maître-mot avant le 15 avril dernier, l’heure est à présent à la séduction. Sinon comment expliquer que la fédération accepte de donner de son propre argent, même s’il s’agit d’un prêt ? Rien ne justifie une telle décision, encore moins l’urgence invoquée ici et là, si ce n’est une volonté assumée de faire ami-ami avec les présidents de clubs, premiers responsables de la situation financière de leurs sociétés.

Les SSPA, dans leur grande majorité, fonctionnent sans le sou depuis plus d’une décennie, elles créent du déficit depuis autant de temps, les mesurettes qui consistent à les renflouer, ont toutes montré leur limite. C’est une fuite en avant, puisque dans un mois ou deux, les mêmes clubs viendront quémander, à nouveau, pourquoi pas, une avance sur les droits-télé de la saison prochaine ! Moins de trente jours après son élection à la tête de la FAF, Charaf-Edine Amara semble avoir choisi la facilité et plombé par la même occasion le travail de la CNRL et de la DCGF. Il s’est proclamé président de la CFA pour, dans la foulée, être obligé de se déjuger et geler la liste des arbitres promus au grade fédéral et inter-ligue. Une liste dont on dit qu’elle sera revue et augmentée afin de calmer la fronde des hommes en noir !

Du coup, il a affaibli un membre du Bureau Fédéral qui a été à la hauteur de sa tâche et mis fin durant un mandat aux copinages. En portant une double casquette, Charef-Eddine est devenu comptable des premières bourdes de son second, Mohamed Bichari, concernant la désignation des arbitres. Arrivé avec un ambitieux projet, comme il l’a déclaré, il ne semble pas pressé de le déployer et pioche dans une boîte à outils qui a déjà montré toutes ses limites. Ça craint !

Nazim Bessol

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